Restez positif et ménagez-vous : guide de survie pour les enseignants en première année
L’année scolaire 2015-2016 sera ma deuxième année devant une classe. J’attends la rentrée avec bien moins d’appréhension qu’il y a un an. Ma première année devant une classe a été difficile, il n’y a pas à tergiverser. Mais j’ai survécu. Pour le meilleur ou pour le pire, ces difficultés sont encore fraîches dans mon esprit et j’aimerais transmettre mon expérience afin, je l’espère, d’aider les nouveaux enseignants qui font leurs débuts dans notre noble métier.
Soyons clairs : la première année sera extrêmement difficile, quoi qu’il arrive. C’est un véritable « camp d’entraînement » pour les enseignants. Cependant, savoir comment s’y prendre peut faire toute la différence. J’ai répertorié ici certains des conseils les plus importants que j’ai suivis (ou que j’aurais aimé suivre), et même si mon expérience s’est déroulée dans une classe d’anglais au lycée, je pense qu’ils s’appliquent à tous les niveaux scolaires et à tous les contextes.
Ne vous mettez pas davantage la pression
Bien qu’il soit important d’adopter un état d’esprit approprié et positif vis-à-vis de ce que vous pouvez faire, de nombreux enseignants débutants oublient d’appliquer ce même état d’esprit aux choses qu’ils ne peuvent pas faire. Votre travail consiste à être le meilleur enseignant de première année possible. Accordez-vous le droit de prendre quelques raccourcis qui ne reflètent en rien l’éducateur que vous deviendrez dans quelques années. Même si vous avez
déjà beaucoup appris pendant votre stage, vous devez encore faire face à une courbe d’apprentissage considérable lorsque vous passez à l’enseignement à temps plein. Vous allez assimiler énormément de choses chaque jour, mais vous aurez peut-être du mal à formuler et à mettre en pratique ce que vous avez appris. Et comme vous essayez d’intégrer de nombreuses nuances à tout ce que vous faites (préparation des cours, notation, plan de classe, tout !), cela vous ralentira au début. Pour vous remonter le moral, rappelez-vous sans cesse que le travail scolaire vous prendra désormais beaucoup plus de temps, mais cela ne sera pas toujours le cas.
Par exemple, avant de commencer à temps plein, il me fallait 30 minutes pour noter une dissertation – ce qui est un rythme incroyablement lent dès lors que l’on a plus de 100 élèves. Sachez que vous vous adapterez et que vous devrez trouver des raccourcis au fur et à mesure. Gardez également à l’esprit que vous ne pouvez ni ne devez corriger chaque travail réalisé par chaque élève. En réalité, pour que vos élèves acquièrent les compétences que vous souhaitez leur enseigner, ils doivent s’exercer tellement souvent qu’il vous serait impossible de tout vérifier. Observez en classe ceux qui sont impliqués, qui participent et qui montrent des signes d’apprentissage, mais ne considérez pas chaque devoir comme une évaluation formative !
Fixez-vous des limites
Ne travaillez jamais au point de vouloir fuir la profession en hurlant dès le mois de juin. Offrez-vous le luxe d’une deuxième année. Ne consacrez pas 100 % de votre potentiel pédagogique à une seule année. Cela va de pair avec le fait de se fixer des limites, et c’est un défi auquel j’ai régulièrement été confronté lors de ma première année.
Il est essentiel de limiter le temps que vous passez à préparer vos cours, à noter vos élèves ou simplement à vous inquiéter pour l’école. L’emploi du temps qui m’a permis de garder la tête froide consistait à arrêter de travailler (remarquez que je n’ai pas dit « terminer ») vers 17 h ou 18 h chaque soir de semaine, et à ne travailler que 3 heures le week-end (bien sûr, je travaillais presque toujours plus que cela, mais je limitais tout de même mon temps). Maintenant, avant que les détracteurs ne s’empressent de réagir, rappelez-vous ce que je disais à propos de la courbe d’apprentissage et du fait de prendre des raccourcis ! La vérité, c’est que les nouveaux enseignants pourraient passer chaque instant de leur vie à travailler sans pour autant être prêts ou accomplir autant qu’un enseignant plus expérimenté. Il s’agit de faire de l’équilibre votre priorité absolue, d’une manière qui vous permette de tenir sur le long terme. Travaillez dur et faites preuve d’intégrité dans votre travail, puis laissez-le de côté, chassez vos soucis et accordez-vous un moment pour vous ressourcer.
Planifiez de manière stratégique
Prenez l’habitude de planifier à l’avance de manière à gagner du temps et à bénéficier d’un soutien.
Planifiez vos routines. Mettez en place des routines qui vous feront gagner un temps précieux dans la préparation de vos cours. J’ai organisé trois fois par semaine une séance de 15 minutes de lecture silencieuse prolongée. C’était une routine enrichissante, au cours de laquelle les élèves tenaient des journaux métacognitifs, réfléchissaient à leur lecture, mettaient en évidence des métaphores, partageaient leurs textes et développaient un engagement individuel dans la lecture. L’avantage pour moi était que, trois fois par semaine, je n’avais à préparer que 45 minutes de cours au lieu d’une période complète de 60 minutes.
Préparez vos modules/Élaborez un plan général pour l’année. Je vais être honnête : je n’ai pas réussi à le faire l’année dernière et cela m’a stressé toute l’année. Pas besoin que ce soit parfait, mais ayez une idée de la direction que vous voulez prendre !
Planifiez l’agencement de votre salle de classe. Rendez-vous dans votre salle de classe dès que possible. Insistez pour que cela se fasse, car les responsables ont beaucoup à faire en août et cette démarche pourrait passer à la trappe. Récupérez votre clé, définissez le plan de salle, déterminez où les élèves rendront leurs travaux, où vous rangerez vos affaires et ce qui sera accroché aux murs.
Préparez votre réseau de soutien. Ne vous contentez pas d’attendre que tout se mette en place tout seul ! Faites connaissance avec les membres clés du personnel de votre établissement et identifiez les personnes vers lesquelles vous pourrez vous tourner pour obtenir de l’aide. (J’ai préparé un gâteau pour le concierge et il m’a toujours aidée très rapidement ; le « pot-de-vin » n’est donc pas à exclure ici !)
Une liste pratique des choses à faire
Voici les tâches les plus pratiques à accomplir pour vous faire gagner du temps et économiser votre énergie à la rentrée.
Découvrez comment fonctionne votre photocopieuse fonctionne. Apprenez à éliminer les bourrages simples de la photocopieuse. Découvrez quelle machine vous pouvez utiliser en remplacement si (lorsque) la vôtre tombe en panne. Sachez où vous procurer du papier de rechange, quoi faire en cas de manque de toner, etc.
Découvrez comment vous inscrire aux salles informatiques ou aux ordinateurs portables de votre établissement. Découvrez quels chariots d’ordinateurs portables sont pratiques et lesquels sont vraiment nuls. Renseignez-vous sur les problèmes courants que rencontrent les utilisateurs avec le système d’inscription utilisé par votre établissement.
Découvrez comment obtenir les fournitures scolaires de base auprès de votre secrétariat ou de votre département.
Découvrez comment vous procurer les fournitures scolaires indispensables dont votre bureau/département manque sans avoir à les payer de votre poche. Fixez-vous comme objectif de ne jamais dépenser votre argent personnel pour le matériel de classe. Je me considère comme une personne gentille et généreuse qui adore aider les autres, mais il n’est pas tenable d’acheter sans cesse du matériel.
Découvrez comment contacter les membres de l’administration, et voyez si vous pouvez obtenir l’un de leurs numéros de téléphone pour leur envoyer un SMS lorsque vous avez besoin d’une réponse rapide.
Découvrez comment obtenir une assistance technique.
Renseignez-vous sur la fréquence à laquelle votre école se réunit l’ensemble du personnel, et notez-le dans votre agenda.
Découvrez comment trouver un remplaçant.
Peu importe que la rentrée scolaire soit proche, ou même si vous lisez ceci alors que l’année a déjà commencé, il n’est jamais trop tard pour faire de cette première année une réussite. Trouvez les habitudes et les mantras qui vous conviennent, et persévérez. Demandez de l’aide autour de vous et incitez les gens à faire des dons pour votre classe. Cherchez de la reconnaissance partout où vous le pouvez (car les enfants ne vous remercient pas souvent pour vos superbes cours – c’est complètement bizarre, non ?). Et n’oubliez pas de demander souvent de l’aide aux autres. Moi y compris ! Vous pouvez m’envoyer un e-mail à [email protected]. Trouvez simplement des personnes (plus d’une) qui vous soutiendront.
Une dernière chose : tout cela en vaut vraiment la peine. Vous avez la chance d’influencer positivement tant de jeunes esprits curieux et rêveurs. Vous aiderez les jeunes à devenir de meilleurs rédacteurs, lecteurs ou passionnés de maths, mais si vous parvenez également à tisser des liens profonds avec les élèves qui ont vraiment besoin d’aide pour rester à l’école et à les soutenir, vous éprouverez alors un sentiment d’accomplissement encore plus grand.
Sara Ketcham est professeure d’anglais à l’Oakland Technical High School, à Oakland, en Californie. Elle a obtenu son master en éducation dans le cadre du programme « Multicultural Urban Secondary Education » de l’université de Berkeley. Elle est très attachée à la collaboration entre enseignants et à l’esprit communautaire.
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